
Le mot « stress »
Ce mot maintenant est devenu si omniprésent dans nos vies qu’il finit par désigner tout ce qui nous dérange ou nous blesse.
Le stress s’est ainsi répandu dans nos quotidiens comme l’air que nous respirons ; au point de devenir inévitable et invivable.
Pourtant, je ne peux m’empêcher de penser que réduire la quasi-totalité de nos ressentis — émotions, sensations intérieures, malaises physiques — à ce seul mot est une simplification un peu trop commode.
On pose une question, on obtient une réponse, mais que contient vraiment cette réponse ? Il y a là une ambiguïté, quelque chose de difficile à saisir et à nommer.
J’ai constaté que très peu de personnes sont capables de décrire avec précision ce qu’elles éprouvent, autrement que par l’utilisation de ce terme fourre-tout.
Un jour, un monsieur m’a confié ressentir une peur vive face à un avenir incertain — et il a eu le courage d’employer ce mot juste : « peur ».
Dans une société qui valorise la bravoure et l’endurance à tout prix, oser reconnaître sa peur intérieure, surtout pour un homme, exige une honnêteté remarquable.
Une autre personne m’a dit, un jour, éprouver un profond chagrin. En prononçant ces mots, elle a instinctivement porté la main à sa poitrine — un geste bref et inconscient qui trahissait la douleur authentique qu’elle ressentait.
J’ai trouvé remarquable sa capacité à mettre des mots clairs sur sa souffrance.
Quand nous souffrons, nous sommes complètement engourdis, physiquement et émotionnellement. Mais lorsque nous parvenons à exprimer avec clarté ce que nous ressentons, l’intensité de cette douleur commence déjà, imperceptiblement, à s’alléger.
Souvent, j’ai l’impression que nous avons peur de décrire précisément nos sentiments, peur de remettre en question nos propres choix et peur du jugement d’autrui.
Nous préférons laisser les choses dans le flou, l’ambiguïté, comme si nous évitions de clarifier nos problèmes.
Ainsi, nous restons prisonniers de cette pression et de ces émotions, qui nous enveloppent et nous isolent comme un nuage, nous réfugiant dans un système « sûr » qui semble continuer à fonctionner, sans que nous ayons à affronter, changer ou agir.
Mais une chose est sûre : le temps ne s’arrête pas, et nos émotions non plus.
Ce stress te ronge le cœur sans relâche, tel un brouillard matinal, lourd et humide, se propageant et affectant en même temps toi, et ton entourage. Veux-tu rester plongé dans cette atmosphère pesante pour toujours ?
Je pense aussi que le stress n’est pas nécessairement négatif.
Une personne m’a un jour confié qu’elle se sentait stressée parce qu’elle voulait absolument gagner un événement : elle se préparait avec beaucoup de détermination pour une compétition, et le stress ainsi créé est devenu un moteur, une force qui l’a poussée à se dépasser et à s’épanouir.
Par contre, ce type de situation peut inclure la pression des pairs, très courante, et celle qui découle de diverses comparaisons. Qu’il s’agisse d’enfants d’une même famille, de camarades de classe d’une même école ou de collègues d’une même entreprise, partout où il y a comparaison et compétition, la pression apparaît, engendrant des sentiments d’envie, de jalousie, de frustration et de ressentiment.
Cependant, il faut comprendre que sans comparaison, il n’y a pas de modèles auxquels se référer ; sans compétition, il n’y a ni progrès ni développement à espérer.
Il en va du stress comme de la corde d’un violon : si cette dernière n’est pas suffisamment tendue, elle ne peut pas produire un son pur et harmonieux.
Par conséquent, plutôt que de te concentrer sur le stress lui-même, tu devrais peut-être considérer ses conséquences potentielles et les directions qu’il pourrait te proposer.


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